Avant d'approcher le milieu des pêcheurs, je regardais ces hommes-là avec un mélange de crainte et d'admiration.
Ce métier est l'un des plus dangereux au monde.
La relation d'un marin-pêcheur à la mer est viscérale. Leurs rapports sont intenses et fusionnels. Ce sont souvent des personnalités complexes, rudes et pudiques, toutes en paradoxes. La perception qu'ont ces hommes-là de la vie est bien différente de la nôtre, terriens. Les sacrifices qu'ils consentent à l'océan la rendent parfois marginale.
Leurs relations aux autres sont directes et sincères, parfois trop. Je crois, peut-être à tort, qu'il y a une notion de jeu dans ce goût du risque et ce mépris du danger.

Il m'a paru intéressant de donner ma vision et ma sensibilité féminine sur ce sujet. La mienne peut être qualifiée d’hypersensibilité, avec ce que cela suppose d’émotions ressenties.
Au-delà de mes premières appréhensions, je me suis sentie instinctivement à l'aise avec ces personnes. Sur chaque marée, des liens d'amitié se créent, qui, je l'espère, vont faire évoluer cette série qui n'en est qu'à son début.